Alexandra ROSENFELD : « le sport est une discipline de l'esprit »
Quelle relation entretenez-vous avec le sport ?
« J'ai toujours été sportive. Petite, je courais partout et j'organisais des courses avec mes petites copines dans la cour de l'école. Un jour, la maîtresse a conseillé à ma maman de m'inscrire dans un centre d'athlétisme ! J'en ai fait jusqu'à 18 ans.
Pour moi, le sport apporte la rigueur et une certaine discipline. Ca forge le caractère et le mental. Je sais ce que c'est de me lever tous les matins pour s'entraîner. Quand je suis arrivée à Paris, ça m'a beaucoup manqué. Je cours un peu quelques fois. Mais je suis très prise par mon activité de « Miss », ça ne me laisse pas beaucoup de temps. Je sais que je reprendrais plus sérieusement quand tout ça sera terminé. Jusque là, je profite de mon rôle de Miss Europe. Je sais que c'est éphémère. »
On dit souvent que vous êtes une femme qui aimez les hommes qui aiment le sport, c'est vrai ?
« Je suis impulsive et nerveuse. Le sport me calme. Et comme il ne s'agit pas de faire du sport pour avoir un beau corps et des muscles, c'est important que mon compagnon ait la même discipline que moi, le même respect de l'adversaire. J'ai été élevée comme çà. A Béziers, mon père était entraîneur de foot. Je ne peux pas renier cette partie de moi !
Depuis un an et demi avec Sergio (le joueur de rugby Sergio Parisse), je me suis mise à suivre les matchs et je suis devenue très amie avec les femmes des autres joueurs. Le sport, c'est aussi une famille. Quand je suis arrivée à Paris, j'étais très seule. Je venais d'un petit village où si je ne dis pas bonjour tout le monde va le savoir le lendemain. Le monde du rugby, c'est beaucoup de latins, beaucoup de gens du sud. Avec eux, j'ai retrouvé ce qui me manquait. »
Trouvez-vous qu'on parle suffisamment du sport féminin ?
« Le sport valorisé, c'est le sport masculin. Pour valoriser un sport, ça n'est pas compliqué : il faut de la télé, de la pub et une compétition qui a lieu en France, comme la Coupe du Monde de football en 1998 ou celle de rugby cet hiver. Là, vous tirez le gros lot. Les équipes féminines ne reçoivent aucun de ces soutiens. Je connais quelques athlètes mais pas énormément, j'avoue. Mais je crois que petit à petit on avance. Sergio m'a raconté avoir été heureusement surpris à la dernière réunion des capitaines d'équipes du Tournoi des 6 nations. Les entraîneurs et capitaines des équipes féminines étaient présents. C'était la première fois paraît-il. »
Vous avez été marraine d'une association en faveur des handicapés. Que pensez-vous du handisport ?
« Qu'on lui laisse encore moins de place qu'au sport féminin alors que l'essence même du sport est là, dans le mental de ces sportifs. La plus belle chose dans le sport je crois, c'est le mental. A ces gens là, je dis bravo. »
Interview réalisée par Eléonor Le Bugle












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