Kateia actualité sportive féminine

 

 

Combien de médailles les Françaises ramèneront -elles des premiers Jeux Olympiques de la Jeunessse à Singapour ?

Ceciledemenibus


26 juin 2008

Co-animatrice de l'émission "La Méthode Cauet" sur TF1, Cécile de Ménibus a pratiqué la compétition automobile dans le championnat de Belgique Procar et en France dans la Saxo Cup. Elle nous dévoile sa passion pour le sport.

Cécile de Ménibus

« Le sport, c'est 50 % de ma vie »

- Cécile de Ménibus, si je vous dis « sport », vous me dites quoi ?

 

50% ! 50% de ma vie. 50% de mon temps, 50% de mon énergie. 50% de mes relations, de mes amis, de mes lectures, de ce que je regarde à la télévision. Parfois, c'est comme si j'avais le cerveau coupé en deux. Il y a le sport d'un côté et le reste du monde de l'autre.

- Comment on « tombe » dans la marmite du sport ?

Moi, ça a été par les sports collectifs. Avec ma soeur, au primaire, on s'entendait bien avec les garçons et on faisait des parties de foot avec eux à la récré. C'est venu comme ça.

Le sport m'intéresse pour ses valeurs. C'est très communautariste, tout le monde est au même niveau, il n'y a pas de différences sociales ou de races. On est jugé sur son travail, son mental, ses capacités physiques mais aussi pour la solidarité dont on fera preuve envers les membres de son équipe.

Le sport nous autorise et nous oblige à aller au bout de nous-mêmes. C'est ça que j'aime. Que ce soit dans le sport, le travail ou les relations humaines.

- Vous avez longtemps pratiqué un sport jugé dangereux. C'était pour cette raison, pour aller jusqu'au bout ?

C'est vrai que pour faire de la course automobile, il faut être à fond dedans. J'aime les sensations que ce sport génère : il y a un aspect très physique mais on n'est pas tout seul, l'ambiance est bon enfant. Et puis il y a ce dépassement de soi. Cette volonté de trouver la perfection. De se remettre à l'ouvrage chaque fois avec le désir de faire mieux que la fois précédente. C'est quelque chose qui compte beaucoup pour moi : l'idée que le côté répétitif du sport permet d'avancer, de progresser.

J'ai eu plusieurs accidents et un jour, j'ai eu peur. J'étais au Grand Prix de Spa, en prélude de F1. Je ne sais plus ce qui s'est passé mais j'ai dû attendre 1h30 dans ma voiture avant de pouvoir démarrer. Il faisait chaud et là, j'ai eu peur. Je crois que toutes les femmes développent un 6ème sens, celui de l'instinct de survie. Je me suis vue en fauteuil roulant, je me suis demandée si ça valait la peine... Quand j'ai pu partir, je n'avais plus la hargne. J'avais déconnecté. Ca ne servait plus à rien de courir, alors j'ai arrêté.

C'était en 1999. Depuis je fais du karting ! (Sourire)

- Que pensez-vous des femmes qui gravitent dans le milieu du sport ?

Ouhla... Je pense que nous n'avons jamais été très crédibles, par notre faute entre autre.

Ce qui m'intéresse dans le sport, ce sont les règles, les transferts de clubs chez les joueurs, etc. Voir un mec en short avec une plastique parfaite, je m'en fous. J'en ai un à la maison. Je ne fais pas partie de ces groupies qui aiment aller visiter les vestiaires.

Mais beaucoup de femmes vont chercher ça dans de sport. On ne peut pas se plaindre ensuite de ne pas être prise au sérieux.

Si on va à un match pour dire : « Oh mon Dieu, qu'est-ce que c'est chiant ! », ça ne sert à rien. Si on va dans un stade, c'est pour faire l'effort de s'y intéresser. Rencontrer les gens, organiser des barbecues avec les copains. Là, ça devient sympa. C'est comme d'aller faire les courses avec son mec. Je le fais avec mon mari. S'il reste planté assis sur sa chaise à me regarder essayer mes robes, c'est ennuyeux à mourir. Mais si on en rigole, qu'entre temps on regarde une fringue pour lui, qu'on prend un café et qu'on y retourne, ça devient un bon moment. Le sport, c'est pareil.

Les femmes font cette démarche quelques fois l'année, pour les Coupes du Monde et les Jeux Olympiques. Là, on voit toute une population derrière un drapeau, on sent une fraternité incroyable... Je trouve déjà ça fabuleux.

- Qu'est-ce que vous diriez à une femme pour la motiver à faire davantage de sport ?

Je lui dirais que le sport est un lieu de rencontre. Je lui dirais surtout que si elle veut pouvoir porter son bikini sur la plage cet été, c'est un travail de longue haleine. Il ne suffit pas de faire un bon régime et trois pompes une fois les beaux jours arrivés. Il faut bouger son cul pour rester en forme et être bien dans ses baskets !

- Pourquoi le sport féminin ne marche pas selon vous ?

(Sourire) C'est ancestral. C'est ancré dans la tête des mecs. Eux, ils sont dans la compétition, et nous, on est dans l'artistique. Et c'est vrai qu'on n'est pas égaux sur ce plan. Dans la course automobile, une femme a trop « de tête » sur un circuit. Elle va avoir peur de cramer sa vie. Un mec n'y pense pas comme ça. En tennis, on voit les performances des joueuses et on les trouve exceptionnelles... par rapport à celles des hommes On ne verra jamais un service à 200k/h chez les femmes !

Esthétiquement, une femme trop forte, trop baraquée, je trouve que c'est laid. Dans le patinage artistique au moins, une femme a de la grâce. Elle reste féminine.

- C'est paradoxal de dire ça alors que vous n'avez pour votre part pratiqué que des sports d'hommes...

C'est vrai. Mais je suis atypique. Je suis un garçon dans un corps de fille. C'est pour ça que je fais aussi attention à me maquiller, à bien m'habiller.

- On vous voit beaucoup dans les gradins des matchs de foot. Vous supporter Sochaux ?

Oui, j'ai commencé le foot quand j'étais môme. J'en ai fait 7 ans. Avant, j'étais pour le PSG, mais je ne me retrouvais plus mes valeurs dans ce club. Et puis il y a 3 ans, j'ai rencontré Jean-Claude Plessis. Un mec fabuleux. J'ai redécouvert dans son club toutes les valeurs importantes pour moi : pas de haine, pas de vulgarité, les supporters chantent que l'équipe gagne ou perde, on ne se tape pas dessus, toute la ville est derrière son équipe. Topissime.

- Votre mari est joueur de rugby. Il n'est pas jaloux que vous soyez fan de foot ?

Non, au contraire. Il se met au foot maintenant !

Interview réalisée par Eléonore Le Bugle

 

Par Adrien Gonon le 26 juin 2008, 11:25

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